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Manifestation de la C64 : la violence et la répression, position de force ou aveu de faiblesse ?

Manifestation de la C64 : la violence et la répression, position de force ou aveu de faiblesse ?

Sep 18, 2026
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Le 15 septembre, la manifestation à l’appel de la Coalition 64 s’est une nouvelle fois terminée dans la violence. Les partisans de cette plateforme qui s’oppose au changement de la Constitution voulu par le président de la République ont été attaqués par des jeunes partisans du pouvoir. Plusieurs personnes ont été blessées, tandis qu’un manifestant est mort dans la soirée. Les soutiens du président se sont félicités du niveau modeste de la mobilisation. Mais la répression et la violence qui ont émaillé cette journée doivent nuancer ce triomphalisme.

Bonjour et bienvenue dans ce 37e épisode de la saison 6 de Po Na Biso, la capsule audio qui décrypte l’actualité de la RDC. Je suis Pierre Boisselet, directeur du pilier violence à l’institut Ebuteli, et cette semaine, nous nous intéressons à la manifestation de la C64, et à ce qu’elle dit du rapport de force politique actuel.

Il faut d’abord rappeler que l’opposition congolaise, qui soupçonne le président de la République de vouloir changer la Constitution pour rester au pouvoir en dépit de la limite du nombre de mandats, fait face à des défis importants. Elle est désunie, notamment entre la C64 et Sauvons la RDC, la plateforme de l’ancien président Joseph Kabila, en exil. 

Et dd’après notre dernier sondage, le président Félix Tshisekedi demeure populaire, notamment dans la capitale, Kinshasa. 

La guerre qui continue de faire rage dans l’est du pays fait passer au second plan les critiques adressées à la gestion de son gouvernement. Le camp présidentiel, qui se veut à la pointe du nationalisme, utilise largement cette situation pour décrire ses détracteurs comme des traîtres à la patrie. En annonçant un dialogue national le 27 août, le président s’est également posé en rassembleur même si les modalités de ce processus posent largement question.

Enfin, au regard de la Constitution actuelle, Félix Tshisekedi est légitime au moins jusqu’en 2028. Son camp garde la mainmise sur une grande partie des médias nationaux, la justice, et les forces de sécurité, qui abusent régulièrement de leur pouvoir pour réprimer les contestataires.

Ainsi, la précédente action de la C64 – un sit-in devant le palais du peuple au mois de juin – avait déjà été perturbée par des violences des « Forces du progrès », un groupe de jeunes qui se réclame du parti présidentiel.

C’est dans ce contexte que sont intervenues les marches du 15 septembre. Que conclure de celles-ci ? D’abord, elles ont mobilisé bien au-delà de la capitale, dans de multiples villes telles que Lubumbashi, Mbandaka et Matadi, et jusqu’à Kananga, dans la région d’origine de la famille du président. Dans la plupart des villes, ces marches ont été interdites, ce qui s’est traduit par des dispersions violentes et des dizaines d’arrestations. Cela montre qu’elles ont été jugées comme suffisamment dangereuses par les autorités pour justifier une intervention préventive.

Le scénario a été différent à Kinshasa. La marche n’a pas été interdite et son tracé a même fait l’objet d’un compromis entre les organisateurs et les autorités, qui devaient l’encadrer. Le niveau de mobilisation – au moins plusieurs centaines possiblement quelques milliers de participants – a été modeste au regard de la taille de la ville, mais pas non plus nul au vu du contexte. Surtout elle s’est terminée dans la violence avec l’intervention des Forces du progrès au niveau de la commune de Limete, bastion du président, ce que la police n’a pas voulu, ou pas pu prévenir. Cela a empêché la manifestation d’atteindre son point d’arrivée. Les heurts ont fait plusieurs blessés et Manassé Lomboto Bomengola, cadre qui travaillait à la sécurité de l’opposant Prince Epenge, est décédé à l’hôpital dans la soirée. Plusieurs membres de la C64 ont dénoncé un « guet-apens » et réclamé l’ouverture d’enquêtes indépendantes.

Ce bilan devrait empêcher le pouvoir en place de se satisfaire de cette journée. Si le camp présidentiel est réellement confiant dans le fait de disposer d’une majorité pour changer la Constitution, alors il ne devrait pas être effrayé par l’expression d’opinions opposées à ce projet dans un cadre démocratique. Utiliser la contrainte ou la violence de groupes partisans reviendrait à vicier le consentement des Congolais. 

La communauté internationale devrait par ailleurs être particulièrement attentive aux enquêtes sur ces événements et plus largement aux libertés publiques en RDC. Elle doit laisser les Congolais décider de leur avenir. Mais encore faut-il qu’ils puissent s’exprimer lors de processus réellement libres et équitables. Sans quoi la stabilisation du pays ne pourra pas être durable.

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Ebuteli is a Congolese research institute on politics, governance and violence. Ebuteli ( staircase", in Lingala) is to promote, through rigorous research, an informed debate to find solutions to the many challenges facing the DRC. We are based in the DRC, with offices in Kinshasa and Goma.

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