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RDC : déclaration de la coalition C64, nouvelle posture ou constance du discours ?

RDC : déclaration de la coalition C64, nouvelle posture ou constance du discours ?

Oct 30, 2026
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Le 27 octobre, la Coalition Article 64 (C64) a publié une déclaration à l’issue de  son conclave tenu à Rome. C’était la première rencontre de l’ensemble de son présidium depuis la création de cette plateforme de l’opposition en mai 2026. Cette déclaration, tant attendue depuis la création du Front pour la refondation de la nation (FRN),condamne à la fois le recours aux armes pour conquérir le pouvoir et les initiatives susceptibles de remettre en cause l’ordre constitutionnel. Mais elle ne désigne pas avec la même précision les responsabilités des différents acteurs. Qu’est-ce que cette déclaration signifie sur le fond ?


Bonjour ! Je m’appelle Jessé Busomoke. Je suis chercheur au pilier politique d’Ebuteli. Vous écoutez le 43e épisode de la saison 6 de Po Na Biso. Nous sommes le vendredi 30 octobre 2026. Dans cet épisode, nous interrogeons la dernière déclaration de la coalition d’opposition C64.


Le 23 octobre, l’Assemblée nationale a adopté la loi fixant les conditions d’organisation du référendum. Ce texte divise l’opinion depuis la session de mars 2026 et a contribué à cristalliser les oppositions autour de la défense de la Constitution jusqu’à la création de la C64. Dans sa dernière déclaration, la C64 accuse le président Félix Tshisekedi de vouloir confisquer le pouvoir et affirme, en réaction de ses récentes déclarations devant les parlementaires de l’Union sacrée de la nation (USN), qu’une « Constitution n’a pas à être aimée ni désirée, elle doit être scrupuleusement respectée et appliquée ».


D’autre part, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moise Katumbi, Matata Ponyo et Delly Sessanga, leaders de la C64 et signataires de la déclaration, condamnent le recours aux armes pour conquérir le pouvoir et s’y installer, faisant ainsi allusion à l’arrivée de Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), successeur de  l’AFC. Cette condamnation de toutes les tentatives de renversement de l’ordre constitutionnel placerait-elle la C64 au centre, en tant que défenseur de la Constitution ?


Dans cette dynamique, la C64 a salué les différents efforts internationaux, les cadres d’échanges existants et souhaite que chacun d’eux contribue à la cohésion nationale et au retour de la paix. Explicitement, la C64 a également rappelé aux Etats-Unis que la stabilité sécuritaire et économique doit s’accompagner d’une  stabilité democratique. Mais comment articuler les efforts diplomatiques visant à mettre fin à la guerre avec les préoccupations relatives au respect de la Constitution et aux élections de 2028 ? 

La C64 plaide également pour un dialogue national inclusif et une décrispation de politique, exigeant notamment le retour des exilés, la cessation des arrestations arbitraires et la libération des personnes qu’elle considère comme des détenus politiques. 

Enfin, la coalition d’opposition s’est proposée de rencontrer séparément le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila afin de convenir des conditions d’un dialogue national inclusif pour « la sauvegarde des intérêts nationaux et préserver l’essentiel ». Ensuite, conduire un plaidoyer auprès des partenaires de la RDC.

Au sein de l’opinion publique, plusieurs questions découlent de cette nouvelle posture de l’opposition : la C64 entend-elle défendre sa proposition de dialogue ou jouer un rôle de facilitation ? Ces rencontres ne risquent-elles pas de personnaliser davantage une crise qui dépasse les deux anciens alliés devenus adversaires ? Et quelle place accorder à la dimension régionale du conflit, notamment au soutien militaire du Rwanda à la rébellion ?

En tout cas, la déclaration de Rome permet à la C64 d’afficher une position commune. Reste à savoir comment elle traduira ses principes en initiatives politiques concrètes.

L’essentiel pour les politiques serait de construire des convergences autour des objectifs de paix, de souveraineté et de démocratie, sans renoncer à identifier les responsabilités de chacun. Il faut pouvoir discuter avec ceux qui ont pris les armes pour rechercher la fin des hostilités, sans faire du recours à la violence un moyen privilégié d’obtenir une place dans le jeu politique. Et il faut défendre l’ordre constitutionnel sans perdre de vue l’urgence de mettre fin à l’occupation d’une partie du territoire.

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