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L’activisme de l’AFC-M23 provoque une hausse des affrontements

Violence
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L’activisme de l’AFC-M23 provoque une hausse des affrontements

Sep 17, 2026
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Résumé

Le mois d’août 2026 a été marqué par la reprise de l’offensive de l’Alliance fleuve Congo/ Mouvement du 23 mars (AFC-M23). Le Baromètre sécuritaire du Kivu (Kivu Security Tracker - KST) a documenté 118 affrontements armés, contre 93 en juillet, soit une hausse de 27 %. L’AFC/M23 est à l’origine de 56 d’entre eux contre 31 le mois précédent et a pris le contrôle de 22 nouveaux villages, principalement dans les territoires de Masisi et de Kalehe.

Au total, 216 incidents sécuritaires ont été enregistrés au mois d’août contre 247 en juillet, soit une baisse de 13 %. 

Cette baisse ne concerne pas l’activisme des combattants des Forces démocratiques alliées (ADF). Le groupe est resté le plus meurtrier à l’encontre des civils avec 72 morts et 64 enlevés en 14 attaques. Ces attaques se concentrent dans le territoire de Mambasa, loin de son bastion historique de Beni, et interviennent alors que les opérations Shujaa n’ont toujours pas repris.

Dans le territoire de Djugu, la Convention de la révolution populaire (CRP) a repris ses affrontements contre l’armée congolaise en août, après une période d’accalmie depuis mai 2026. De son côté, la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) est restée peu active.Par ailleurs, les forces régulières ont aussi été responsables des morts civils. Quinze décès ont été attribués aux FARDC en août, soit 7,7 % des morts civiles du mois, en hausse par rapport à juillet (huit civils tués par les forces régulières).

À l’offensive, le M23 s’empare de 22 nouveaux villages

L’AFC-M23 a été à l’initiative de 85 des 216 incidents sécuritaires recensés par le KST et responsable de la mort de 60 civils. Il est également à l’origine de 56 des 118 affrontements enregistrés au cours du mois, contre 31 sur 93 en juillet 2026. Cette intensification s’est traduite par la prise de contrôle de 22 nouveaux villages.

Durant le mois d’août, plusieurs tueries ont ciblé des civils soupçonnés d’espionner les positions de la rébellion, d’appartenir aux miliciens Nyatura ou de combattre aux côtés des Wazalendo.

Le 1er août, au village Shoa, groupement de Banyungu, secteur d’Osso-Banyungu, en territoire de Masisi, des combattants de l’AFC/M23 ont tué trois civils, dont une femme, alors qu'ils se trouvaient aux champs. Les assaillants les accusaient d’espionner leurs positions. 

Le 27 août, au village Kisha, groupement Ziralo, secteur Buhavu, en territoire de Kalehe, des combattants de l’AFC/M23 ont tué au moins quatre civils accusés par les rebelles d’appartenir aux miliciens Nyatura. Le 28 août, au village Muhololo groupement Ufamandu I, secteur Bahunde en territoire de Masisi, les combattants de l’AFC/M23 ont tué quatre civils qu’ils accusaient d'être des combattants ‘Wazalendo’.

Les offensives au Nord-Kivu se sont concentrées sur la bordure occidentale de la zone de contrôle de la rébellion, le long de l’axe Walikale - Masisi, puis vers le sud en direction des plateaux du territoire de Kalehe. La progression s’effectue malgré deux poches où se trouvent leurs rivaux : les FDLR de la branche Forces Combattantes Abacunguzi (FDLR-FOCA) au centre et le Rally for Unity and Democracy ou RUD-Urunana (FDLR-RUD) au nord-est.

Dans la province du Sud-Kivu, les alliés du M23 ont ouvert un second front dans les Hauts Plateaux. Les Twirwaneho et les Red Tabara ont mené une série d’attaques rapprochées dans les territoires d’Uvira et de Mwenga entre le 23 et le 25 août. Le 23 août, cinq localités ont été attaquées le même jour : Rubarati et Ruhuha à l’ouest, Malimba, Masango et Muranvya sur l’axe de la RN5, en bordure de la plaine de la Ruzizi. Le 25 août, trois autres agglomérations : Kalulu, Alenga et le site minier de Filon 14 ont été visées autour des zones d’influence des deux groupes.

D’autre part, les forces régulières ont également été responsables de 15 morts civiles en août, soit 7,7 % du total du mois. Le chiffre est en hausse par rapport à juillet où le KST avait documenté 8 civils tués. Ces exactions suivent généralement deux logiques distinctes.

 

La première est celle des dommages causés aux populations par les combats. Le 7 août, au village Bundje, groupement Buzi, secteur Buhavu, en territoire de Kalehe, au cours d’affrontements opposant la coalition FARDC-Wazalendo aux combattants de l’AFC/M23, un obus de mortier est tombé sur le centre commercial de Lumbishi, causant la mort d’au moins sept civils, dont une femme et ses deux garçons ainsi qu’un autre homme, décédés sur place. Six blessés graves ont été évacués vers le centre hospitalier de Numbi ; deux d’entre eux ont succombé par la suite à leurs blessures.

La seconde est celle des homicides individuels commis par des militaires isolés, sans rapport avec les opérations. Ils sont le plus souvent liés à l’ivresse ou au vol.

Les ADF tuent à Mambasa, loin de Beni, sans être combattus

Pour  la première fois, le KST n'a documenté  qu’un seul affrontement impliquant les ADF au cours du mois le 31 août, à Bandikafu, en territoire d’Irumu. En revanche, 14 attaques contre des civils attribuées à ce groupe ont fait 72 morts et 64 enlevés, dont la quasi-totalité dans le territoire de Mambasa.

Dans le même temps, les opérations Shujaa, menées conjointement par les FARDC et l'armée ougandaise (UPDF) contre les ADF, n’ont toujours pas repris. Elles se heurtent d’abord à des difficultés structurelles : la dispersion et la capacité d’adaptation des ADF, ainsi que la divergence des priorités stratégiques entre les UPDF et les FARDC. S’y ajoute la restructuration du commandement décidée par Kinshasa en juin, qui a confié à nouveau la direction exclusive de toutes les opérations militaires au gouverneur militaire du Nord-Kivu. Cette réorganisation a pu faire passer les ADF au second plan, le commandement congolais étant absorbé par l’urgence du M23.

Dans le groupement de Teturi, secteur de Babila-Babombi, les combattants ADF ont mené une série d’incursions successives. Le 20 août, au village agricole de Ngumbari, ils ont tué cinq personnes et pris en otage huit autres. Le 28 août, les mêmes assaillants ont tué sept civils et incendié vingt maisons au village agricole de Mabakuwa. Le 29 août, les ADF ont de nouveau investi le village d’Amani, où ils ont tué 13 personnes et incendié plusieurs habitations avant de se retirer.

Les combattants ADF ont aussi investi des villages dans la même zone pour y enlever des civils dont le sort reste également inconnu.

Le 16 août, au village Bandisende, groupement Babombi, en territoire de Mambasa, des éléments des ADF ont pris en otage au moins cinquante personnes surprises dans différents champs. À ce jour, le sort des victimes demeure inconnu. Le 20 août, au village Ngolo, dans le groupement de Teturi, les ADF ont enlevé quatre civils. Le 21 août, au village de Ngumbari, les mêmes combattants ont emmené huit autres civils, dont trois femmes. 

La CRP de nouveau sous le feu des FARDC, la Codeco toujours en retrait

Après une période sans activité documentée, entre mai et juillet, la CRP a plusieurs fois été ciblé par les FARDC alors même que le groupe reste engagé dans des pourparlers avec le gouvernement de Kinshasa. 

Le 3 août, au village Bule, groupement Ng’le, dans le secteur Bahema-Badjere, les FARDC ont attaqué des combattants de la CRP. Le 6 août, au village de Bassa, groupement de Dz'dzanyo, les FARDC ont lancé une autre offensive contre des positions de la CRP. La milice s’est repliée et réorganisée du côté de Mabanga. Le bilan a fait état de cinq morts et deux blessés dans les rangs CRP. Le 11 août, un nouvel affrontement a opposé les deux parties au village de Tsoza, groupement de Tsoza, dans le secteur de Bahema-Baguru, en territoire de Djugu. Aucun bilan n'est disponible à ce jour.

Le 16 août, au village Pati, groupement Mandje, secteur Mambisa, les FARDC en patrouille ont attaqué les combattants CRP. Cette attaque a fait un bilan de deux civils blessés. Le 20 août au village Passion, groupement Kapinga, les FARDC ont abattu un combattant CRP.

De son côté, la CRP ne se limite pas aux contre-attaques. Ils continuent de mener des représailles contre des civils accusés de « collaboration » et de ne pas adhérer à son combat. Le 29 août, au village Katsu, groupement Luvangire, secteur Bahema-Nord, deux civils ont été abattus et un autre grièvement blessé par les éléments de la CRP sur un motif de « collaboration » avec l'armée régulière.

S’agissant de la Codeco, hormis quelques incidents isolés de braquages, cambriolages ou règlements de comptes sur fond de conflits privés, nous avons observé la poursuite de l'accalmie dans sa zone d’influence, depuis sa restructuration en mouvement politico-militaire en début juin 2026.

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